Capitalisme et libéralisme, distinction

La confusion étant fréquente entre les mots "capitalisme" et "libéralisme", une clarification semble s'imposer. "Capital" vient du latin "capitalis", de "caput", tête ou nombre de têtes composant un cheptel. Autrement dit patrimoine productif ancestral, collectif ou privé. Le concept ne date donc pas d'hier!... Le libéralisme a codifié cette pratique en y adjoignant la prévalence de la liberté individuelle sur le collectif, d'où propriété privée des outils de production et concurrence entre individus.

Le capitalisme est un système dont le principe fondamental est la recherche systématique de plus-values issues de l'exploitation des travailleurs par les propriétaires des moyens de production... et de distribution. Il faut en effet du monde pour gérer des troupeaux, des machines ou des livraisons. Ces plus-values permettent de faire fructifier le capital et ainsi d'en engendrer de nouvelles, tout en prélevant au passage quelques profits bien entendu.

Le mot "capitalisme" ayant, dans le langage courant, acquis une connotation péjorative, ses défenseurs parlent plutôt de "libre entreprise" ou de "libéralisme".

Mais le libéralisme proprement dit est une doctrine qui, prétendant qu'il existe un ordre naturel conduisant le système économique vers l'équilibre, défend la loi du marché, de l’offre et de la demande, la production et la consommation étant sensées s’équilibrer pour peu que l’homme puisse agir librement, individuellement. 

Or la loi de Say, libérale, affirme que "l'offre crée sa propre demande". Dans cette logique la loi de l'offre s'impose alors que le simple bon-sens donnerait priorité à la demande, ceci en dehors des domaines de l'innovation et de la créations. 

Le capitalisme est donc une pratique et le libéralisme une théorie, cette dernière venant conforter la première qui existe depuis la nuit des temps sous diverses formes. Ces deux concepts sont indissociables, le second étant le prolongement, la "justification" du premier.